Personne qui emprunte conjointement avec vous (souvent conjoint ou partenaire). Solidairement responsable du remboursement. Ses revenus sont pris en compte pour le calcul de la capacité d'emprunt.
Emprunter à deux ne consiste pas à partager la dette en deux. Sauf clause contraire, les co-emprunteurs sont solidaires : la banque peut réclamer à l'un d'eux la totalité des échéances si l'autre cesse de payer. Cette solidarité est indépendante du régime matrimonial, du pourcentage de propriété inscrit dans l'acte de vente et de la répartition de fait des mensualités. Elle est aussi indépendante de l'apport de chacun : un co-emprunteur qui a financé 20 % du bien reste engagé sur 100 % du crédit. C'est la différence essentielle avec la caution, qui n'intervient qu'après défaillance de l'emprunteur principal.
Côté analyse bancaire, l'ajout d'un co-emprunteur additionne les revenus, mais aussi les charges : crédits en cours, pensions alimentaires versées, loyer éventuel. L'effet sur la capacité d'emprunt n'est donc pas automatiquement positif. Autre paramètre technique, souvent traité trop vite : la quotité d'assurance, c'est-à-dire la part du capital couverte sur chaque tête. Une répartition 50/50 — soit 100 % au total — est la moins chère, mais laisse le survivant avec la moitié du capital restant dû à sa charge. Une couverture 100/100, soit 200 % au total, solde intégralement le prêt au décès de l'un des deux, pour un coût d'assurance nettement supérieur. Le bon arbitrage dépend de l'écart de revenus entre les deux emprunteurs et de la capacité du plus modeste à assumer seul la mensualité.
Le piège le plus fréquent survient à la séparation. Un jugement de divorce, une rupture de PACS ou un accord amiable ne libèrent personne à l'égard de la banque : seule une désolidarisation acceptée par le prêteur met fin à l'engagement, et le prêteur n'est pas tenu de l'accorder. Il examine alors la capacité du co-emprunteur restant à porter seul le crédit et peut exiger des contreparties : apport complémentaire, caution d'un tiers, garantie hypothécaire, réaménagement de la durée. L'opération passe par un avenant, entraîne des frais et impose de reprendre l'assurance emprunteur au nom du seul emprunteur conservé. Anticiper ce scénario dès la souscription — en évitant par exemple un endettement calibré au maximum sur les deux revenus — évite de se retrouver contraint de vendre dans l'urgence.