Assurance obligatoire couvrant le remboursement du prêt en cas de décès, invalidité, incapacité de travail ou perte d'emploi. Garantie exigée par la banque mais que vous pouvez choisir librement (délégation d'assurance, loi Lagarde + Lemoine).
Aucun texte n'impose légalement de s'assurer pour emprunter : c'est la banque qui en fait une condition d'octroi, de façon quasi systématique dès qu'il s'agit d'un prêt immobilier. Le contrat couvre au minimum le décès et la perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) ; s'y ajoutent presque toujours l'invalidité permanente totale ou partielle (IPT / IPP) et l'incapacité temporaire de travail (ITT), plus rarement la perte d'emploi, garantie coûteuse et très encadrée. Concrètement, l'assurance est souvent le deuxième poste de coût du crédit après les intérêts, et sur une durée longue ou pour un emprunteur d'âge mûr elle peut peser autant que le taux lui-même. Pour la comparer, un seul indicateur fait foi : le TAEA, que le prêteur doit vous communiquer, avec le montant en euros par période, sur les huit premières années et sur la durée totale du prêt.
Deux familles de contrats coexistent. Le contrat groupe de la banque mutualise le risque : tarif simple, souvent exprimé en pourcentage du capital initial, donc une cotisation constante même quand le capital restant dû fond. Le contrat individuel obtenu par délégation est tarifé sur votre profil (âge, état de santé, profession, tabagisme) et fréquemment assis sur le capital restant dû, ce qui le rend dégressif. La loi Lagarde de 2010 vous autorise à présenter un autre contrat dès lors qu'il offre un niveau de garantie équivalent : la banque ne peut alors refuser qu'en motivant explicitement son refus, et sans modifier le taux du prêt. La loi Lemoine de 2022 est allée plus loin : résiliation et substitution possibles à tout moment, sans attendre une date anniversaire ; suppression du questionnaire de santé lorsque la part assurée n'excède pas 200 000 € par assuré et que le remboursement s'achève avant le 60e anniversaire de l'assuré ; droit à l'oubli ramené à cinq ans après la fin du protocole thérapeutique pour les cancers et l'hépatite C.
Le vrai piège n'est pas le prix mais le contenu. Vérifiez les exclusions (affections dorsales et troubles psychiques, souvent hors garantie sauf rachat d'exclusion ; sports à risque), la franchise ITT (30, 60, 90 ou 180 jours selon les contrats), le mode d'indemnisation — forfaitaire ou indemnitaire, ce dernier ne compensant que la perte de revenu réellement subie — et la définition de l'invalidité, appréciée soit au regard de votre profession, soit de toute profession : nuance décisive pour un artisan, un chirurgien-dentiste ou un chauffeur. Une économie de cotisation obtenue au prix d'une garantie amputée n'est pas une économie.