Réduction de taux accordée par la banque sous condition (domiciliation des revenus, souscription de produits annexes, etc.). À distinguer du taux nominal de référence.
Le mot recouvre deux réalités très différentes. Dans le langage courant des banques, une bonification est un geste commercial : l'établissement consent quelques dixièmes de point de moins que son barème affiché, en échange d'engagements — domiciliation des salaires, ouverture d'un compte courant, souscription d'une assurance habitation, d'un contrat d'épargne ou d'une carte bancaire haut de gamme. Dans un sens plus technique, on parle de prêt bonifié lorsqu'un tiers (État, employeur via Action Logement, collectivité, caisse de retraite) prend en charge une partie des intérêts : l'emprunteur paie alors un taux inférieur au coût réel de l'argent, la différence étant financée par ce tiers. Le prêt à taux zéro en constitue la forme extrême.
Pour l'emprunteur, l'enjeu est de mesurer ce que la bonification coûte réellement. Un taux nominal abaissé de deux dixièmes de point n'a rien d'un cadeau si la contrepartie est une assurance habitation surtarifée ou une carte bancaire à cotisation élevée pendant vingt ans. Le seul indicateur qui permette une comparaison honnête est le TAEG, qui agrège intérêts, frais de dossier, frais de garantie et coût de l'assurance obligatoire — mais pas les produits annexes facultatifs, qu'il faut donc chiffrer à part et sur toute la durée. Un réflexe simple : demander à la banque son barème sans les produits annexes, puis comparer les deux coûts totaux en euros.
Point juridique souvent mal connu : l'encadrement légal de la clause de domiciliation des revenus — durée maximale de dix ans, obligation d'un avantage individualisé en contrepartie — a été supprimé. L'article L. 313-25-1 du code de la consommation qui le prévoyait a été abrogé par la loi PACTE du 22 mai 2019. Il n'existe donc plus de durée maximale fixée par la loi : la domiciliation est redevenue une simple condition contractuelle, discutable au cas par cas. Deux points de négociation en découlent. D'abord, faire préciser dans l'offre de prêt si la bonification est acquise définitivement ou révocable en cas de départ vers un autre établissement. Ensuite, demander la suppression ou la limitation dans le temps de l'engagement de domiciliation. Une réduction conditionnelle qui disparaît au bout de trois ans, avec retour au barème, n'a pas la même valeur qu'une réduction inscrite pour toute la durée du prêt.