Taux d'intérêt brut affiché par la banque, hors assurance et frais. À ne pas confondre avec le TAEG, qui inclut tous les frais. Utilisé uniquement pour le calcul des intérêts du prêt.
Le taux nominal, que les textes appellent taux débiteur, sert à une seule chose : calculer les intérêts. Chaque mois, la banque applique un douzième du taux annuel au capital restant dû, et le résultat constitue la part d'intérêts de votre échéance. C'est donc un paramètre de calcul, pas un indicateur de prix. Deux offres au même taux nominal peuvent avoir des coûts réels très différents, et c'est pourtant le chiffre que tout le monde retient et compare, parce que c'est celui que les banques mettent en avant.
L'indicateur de comparaison est le TAEG. Il agrège le taux nominal et l'ensemble des frais conditionnant l'octroi du crédit : frais de dossier, frais de garantie (caution ou hypothèque), honoraires de courtage, frais d'évaluation du bien, et coût de l'assurance emprunteur lorsqu'elle est exigée. L'assurance est très souvent le poste qui creuse l'écart, en particulier après 45 ou 50 ans, ou en présence d'un risque de santé ou d'un métier considéré comme risqué : deux emprunteurs au même taux nominal peuvent supporter des TAEG écartés de plusieurs dixièmes de point. La bonne question à poser à une banque n'est donc pas « quel est votre taux » mais « quel est le TAEG, assurance comprise, sur ma situation ».
Cette distinction a une conséquence pratique majeure : c'est le TAEG, et non le taux nominal, qui doit rester sous le taux d'usure, plafond légal calculé chaque trimestre par la Banque de France et publié au Journal officiel, par catégorie de prêt et par durée. Un dossier peut donc être bloqué par l'usure alors que le taux nominal proposé est acceptable, simplement parce que le coût de l'assurance fait franchir le plafond. Dans ce cas de figure, une délégation d'assurance, en réduisant le TAEA, ramène parfois le TAEG sous le seuil et débloque le financement. Dernier réflexe : aucun taux n'est acquis avant l'émission de l'offre de prêt. Un taux annoncé par un simulateur, une grille commerciale ou un accord de principe n'engage personne. Une fois éditée, l'offre doit être maintenue trente jours et ne peut être acceptée qu'à l'issue d'un délai de réflexion de dix jours : ce délai est une protection, pas une formalité à écourter.