Somme restant après paiement des charges fixes (crédits, loyer, pensions). Critère bancaire complémentaire au taux d'endettement : généralement minimum 700 €/mois pour une personne seule, 1 500 €/mois pour un couple avec enfants.
Contrairement au plafond d'endettement de 35 %, le reste à vivre ne repose sur aucune norme légale ni sur aucune décision du HCSF : c'est un critère interne, propre à chaque banque, dont la définition varie d'un établissement à l'autre. Le principe est toujours le même : on retranche des revenus nets l'ensemble des charges fixes — mensualité du futur crédit, autres crédits en cours, loyer résiduel, pensions alimentaires versées — et l'on compare le solde à une grille tenant compte de la composition du foyer. Certains prêteurs raisonnent en montant global par ménage, d'autres en montant par personne, et modulent leurs seuils selon la région, le coût des transports ou le statut de propriétaire ou locataire.
Les ordres de grandeur qui circulent — quelques centaines d'euros pour une personne seule, davantage pour un couple, avec un supplément par enfant à charge — n'ont donc qu'une valeur indicative et ne doivent jamais être pris pour des seuils opposables : d'un établissement à l'autre, les écarts sont importants. Ce qui compte, c'est l'articulation avec le taux d'endettement, les deux critères se corrigeant mutuellement. Un dossier à 33 % d'endettement porté par des revenus modestes peut être refusé parce que le solde disponible est trop faible pour absorber un imprévu ; à l'inverse, des revenus élevés laissent un reste à vivre confortable même à un taux d'endettement tendu, ce qui constitue l'argument central pour solliciter la marge de flexibilité prévue par le HCSF.
Trois éléments pèsent plus qu'on ne le croit dans cette analyse. Les charges structurelles non bancaires d'abord : frais de garde, deux véhicules à entretenir, trajets domicile-travail longs, pension alimentaire. Un conseiller les reconstitue à partir des relevés de compte des trois derniers mois : il est inutile de les minorer. L'épargne résiduelle ensuite : conserver après l'opération l'équivalent de plusieurs mensualités d'avance rassure davantage qu'un ratio flatteur. La capacité d'épargne démontrée enfin : des virements réguliers vers un livret, observés sur douze à vingt-quatre mois, prouvent concrètement que le foyer sait vivre avec le montant qui restera après la mensualité. C'est souvent cet élément qui fait basculer un dossier limite, bien plus qu'une explication orale sur un train de vie sobre.