Somme additionnelle accordée dans le cadre d'un rachat de crédit, au-delà du remboursement des prêts existants. Peut financer un nouveau projet (travaux, achat) ou constituer une réserve. Limite : capacité d'endettement résiduelle.
Dans un rachat ou un regroupement de crédits, la nouvelle banque solde les encours existants et peut y ajouter une somme libre d'emploi : c'est la trésorerie. Elle répond à des besoins qu'un crédit à la consommation financerait plus cher : travaux d'ampleur, rénovation énergétique, apport pour un second achat, financement d'un projet familial, reconstitution d'une épargne de sécurité après une période difficile. L'argument de taux est réel — un financement adossé à un bien immobilier se négocie généralement bien en dessous d'un prêt personnel — mais il a un revers : étaler sur quinze ou vingt ans une dépense dont la durée de vie utile est de cinq ans revient à en payer une fraction importante en intérêts.
Le montant n'est jamais libre. Il dépend d'abord de votre capacité d'endettement résiduelle, la nouvelle mensualité globale devant en principe rester dans la limite de 35 % des revenus, assurance comprise. Il dépend ensuite de la valeur du bien mis en garantie : les prêteurs conservent une marge de sécurité entre le capital financé et la valeur retenue, et une expertise peut être demandée. Il dépend enfin de la cohérence du projet : au-delà de quelques milliers d'euros, un justificatif — devis daté, descriptif de travaux — est fréquemment exigé. Une donnée juridique décisive s'y ajoute : dans un regroupement mêlant crédits immobiliers et crédits à la consommation, l'ensemble de l'opération relève du régime du crédit immobilier dès lors que la part des crédits immobiliers atteint 60 % du montant total de l'opération ; en dessous de ce seuil, ce sont les règles du crédit à la consommation qui s'appliquent, avec un formalisme, un délai de rétractation et un taux d'usure différents. La trésorerie ajoutée pèse dans ce calcul et peut faire basculer l'opération d'un régime à l'autre.
Avant de signer, exigez le chiffrage complet : indemnités de remboursement anticipé sur les prêts rachetés, frais de dossier, coût de la nouvelle garantie, mainlevée de l'ancienne hypothèque, et surtout coût total du crédit avant et après opération. La réglementation des regroupements de crédits impose la remise d'un document d'information préalable, établi après un échange avec l'emprunteur, qui doit précisément présenter cette comparaison : c'est la pièce à lire ligne à ligne, plus utile que n'importe quelle simulation commerciale. Une mensualité qui baisse n'est pas une bonne nouvelle en soi si le coût total du crédit augmente fortement ; l'opération se juge sur les deux indicateurs à la fois, en tenant compte du gain de sécurité budgétaire qu'elle apporte parfois.