Opération consistant à regrouper plusieurs crédits existants en un seul, généralement avec une durée plus longue et des mensualités réduites. Permet d'alléger la charge mensuelle au prix d'un coût total souvent supérieur.
Deux opérations très différentes portent le même nom dans le langage courant, et les confondre coûte cher. Le rachat — ou regroupement — de crédits consiste à faire racheter plusieurs dettes existantes (immobilier, consommation, découvert, parfois dettes fiscales) par un seul prêteur, avec une durée allongée et une mensualité réduite : c'est une opération de restructuration budgétaire. Le rachat d'un prêt immobilier par une banque concurrente, lui, consiste à remplacer un crédit immobilier par un autre à taux plus bas, à durée comparable : c'est une opération d'optimisation, dont la logique et les coûts n'ont rien à voir.
Le regroupement est encadré par les articles L314-10 à L314-14 du code de la consommation, avec un seuil déterminant. Selon l'article R314-18 (issu du décret n° 2016-884 du 29 juin 2016), lorsque la part des crédits immobiliers atteint 60 % du montant total de l'opération, le nouveau contrat relève du régime du crédit immobilier : offre de prêt, délai de réflexion de dix jours, garantie réelle possible. En dessous de ce seuil, ce sont les règles du crédit à la consommation qui s'appliquent, avec un délai de rétractation de quatorze jours. Cette frontière conditionne aussi le niveau des taux pratiqués et le taux d'usure applicable — d'où l'importance de savoir de quel côté se situe votre dossier.
L'arithmétique ne doit pas être escamotée : réduire la mensualité en allongeant la durée augmente presque toujours le coût total, parfois massivement. À cela s'ajoutent les frais de l'opération — indemnités de remboursement anticipé sur les prêts rachetés (plafonnées pour les crédits immobiliers), frais de dossier, éventuels frais de courtage, coût d'une nouvelle garantie, et surtout nouvelle assurance emprunteur souscrite à un âge plus élevé, donc plus chère et parfois assortie d'exclusions. La seule comparaison honnête porte sur les coûts totaux en euros, ancienne situation contre nouvelle, jusqu'au terme — pas sur l'écart de mensualité mis en avant dans les publicités.
Quand l'opération se justifie-t-elle ? Lorsque le taux d'endettement dépasse durablement 35 %, lorsque plusieurs crédits renouvelables à taux élevés se cumulent, lorsqu'un événement de vie (séparation, baisse de revenus, arrivée d'un enfant) a déséquilibré le budget, ou pour dégager une trésorerie destinée à des travaux tout en lissant l'ensemble. Elle ne résout rien si le déséquilibre est structurel : le risque bien documenté est de reconstituer des crédits par-dessus le regroupement et d'aggraver la situation. En cas de surendettement caractérisé, la saisine de la commission de surendettement de la Banque de France est gratuite et souvent plus adaptée qu'un nouveau crédit. Et comme pour toute demande de financement, aucun intermédiaire ne peut garantir l'acceptation du dossier.