Prêt dont le taux d'intérêt est fixé pour toute la durée du contrat. Mensualité connue à l'avance. Forme dominante en France (>95 % des prêts immobiliers).
Le taux fixe est le régime très largement dominant en France : la part des crédits à l'habitat à taux variable y demeure marginale et se situe très en deçà de la moyenne de la zone euro, selon les statistiques de la Banque de France. Son intérêt principal est la lisibilité : dès l'acceptation de l'offre, la mensualité, le nombre d'échéances et le coût total des intérêts sont connus et contractuels, matérialisés par le tableau d'amortissement annexé au contrat. Le risque de hausse des taux est porté par la banque et non par l'emprunteur — et c'est précisément ce que rémunère l'écart avec une formule à taux variable, généralement affichée moins chère au départ.
L'emprunteur bénéficie en réalité d'une asymétrie favorable. Si les taux montent, sa mensualité ne bouge pas ; s'ils baissent, il peut renégocier avec sa banque ou faire racheter son prêt par un concurrent. Cette porte de sortie a toutefois un prix : les indemnités de remboursement anticipé, plafonnées par l'article R. 313-25 du code de la consommation à un semestre d'intérêts sur le capital remboursé au taux moyen du prêt, sans pouvoir dépasser 3 % du capital restant dû avant remboursement — le prêteur retenant le plus faible des deux montants. Certaines situations en sont légalement exonérées, notamment la vente du bien consécutive à une mutation professionnelle, à une cessation forcée d'activité ou au décès de l'emprunteur ou de son conjoint. Beaucoup d'établissements acceptent par ailleurs de réduire ou de supprimer ces indemnités par simple négociation lors de la mise en place : c'est l'une des clauses les plus faciles à obtenir et l'une des plus rentables en cas de revente anticipée.
Comparer deux offres à taux fixe sur le seul taux nominal conduit souvent à retenir la plus chère. Le bon critère est le TAEG, complété par le coût total en euros, qui intègrent frais de dossier, frais de garantie et assurance obligatoire. À taux proche, examinez ensuite les clauses qui feront la différence dans la vie du prêt : modulation des échéances à la hausse ou à la baisse après quelques années, report d'échéance en cas de coup dur, transférabilité du prêt sur un achat futur, franchise ou différé d'amortissement pour un achat en VEFA. Une variante utile à connaître : le prêt à paliers, qui reste à taux fixe mais organise des mensualités différentes selon les périodes, pour lisser la charge globale lorsqu'on cumule plusieurs lignes de prêt — PTZ, prêt employeur, prêt principal.