Ce qu'est le FICP — et ce qu'il n'est pas
Le FICP est le fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, tenu par la Banque de France. Il recense les défauts de paiement caractérisés sur des crédits souscrits pour des besoins non professionnels, ainsi que les situations de surendettement traitées par une commission.
L'inscription est déclarée par l'établissement prêteur dans des cas précis :
- deux mensualités consécutives impayées sur un crédit,
- un impayé de plus de 60 jours pour une échéance non mensuelle,
- un usage abusif du découvert autorisé, pour un montant au moins égal à 500 €, non régularisé dans les 60 jours suivant la mise en demeure de la banque,
- le dépôt d'un dossier auprès d'une commission de surendettement.
Point souvent ignoré : le prêteur doit vous informer par écrit avant l'inscription, et vous disposez alors de 30 jours pour régulariser et l'éviter. Si vous recevez un tel courrier, c'est le moment d'agir, pas après.
Le FICP ne doit pas être confondu avec le FCC, le fichier central des chèques, qui porte sur un tout autre sujet : interdiction bancaire d'émettre des chèques après un chèque sans provision, retrait de carte bancaire pour usage abusif, ou interdiction judiciaire d'émettre des chèques. Les durées y sont de 5 ans pour une interdiction d'émettre des chèques non régularisée et de 2 ans pour un retrait de carte. On peut être inscrit à l'un sans l'être à l'autre, et les conséquences ne sont pas les mêmes. L'expression « fiché Banque de France », employée indifféremment pour les deux, entretient une confusion qui joue rarement en faveur de l'emprunteur.
Combien de temps l'inscription reste-t-elle ?
| Motif d'inscription | Durée maximale | Radiation anticipée |
|---|---|---|
| Incident de remboursement de crédit | 5 ans | Oui, dès régularisation de l'impayé |
| Plan conventionnel de redressement ou mesures imposées | 7 ans | Oui, si aucun incident pendant les 5 premières années |
| Rétablissement personnel (avec ou sans liquidation) | 5 ans à compter de la clôture | Non |
Source : service-public.gouv.fr, fiche FICP. Durées maximales indicatives ; la date de radiation effective figure sur le relevé délivré par la Banque de France.
Cette mécanique a une conséquence pratique importante : la radiation n'est pas automatique après régularisation. C'est l'établissement qui a déclaré l'incident qui doit demander la levée de l'inscription. S'il ne le fait pas, c'est à vous de le relancer, justificatif de paiement en main.
Vérifier gratuitement votre inscription
Avant toute démarche de financement, sachez précisément où vous en êtes. Le droit d'accès s'exerce directement auprès de la Banque de France et gratuitement, selon trois modalités : en ligne depuis son site, par courrier accompagné de la photocopie de votre pièce d'identité adressé à une succursale, ou au guichet sur rendez-vous et sur présentation d'une pièce d'identité. Un relevé de situation vous est remis, indiquant le motif, l'établissement déclarant et la date de radiation prévue.
Aucun intermédiaire n'est nécessaire, et aucun service payant de « consultation de fichage » n'est légitime. Si l'information portée au fichier est inexacte, vous pouvez la contester auprès de l'établissement déclarant, puis saisir la Banque de France.
Un fichage n'interdit pas de prêter — mais
Aucun texte n'interdit à un établissement de crédit de financer une personne inscrite au FICP. La documentation publique est explicite : en principe, l'inscription au FICP n'empêche pas d'obtenir un crédit. Ce que la réglementation impose, c'est la consultation du fichier par le prêteur au titre de son obligation d'évaluer la solvabilité de l'emprunteur.
En pratique, la conclusion est autre. Les politiques de risque internes des banques de réseau excluent quasi systématiquement les dossiers avec inscription active, et l'obligation d'évaluation de solvabilité joue dans le même sens : un prêteur qui accorderait un crédit manifestement inadapté engagerait sa responsabilité. Il faut donc s'attendre à des refus, y compris via un courtier — et se méfier de tout interlocuteur qui promet l'inverse avec assurance.
Les options réellement praticables
Faire lever l'inscription quand c'est possible
C'est la voie la plus efficace et la plus souvent négligée. Si l'impayé est régularisable — quelques mensualités de retard, un découvert à combler — la régularisation puis la demande de radiation auprès de l'établissement déclarant rouvre l'accès au marché normal du crédit. Un mois de démarches vaut mieux que sept ans de taux dégradés.
Le regroupement de crédits avec garantie hypothécaire
Pour un propriétaire, c'est l'option la plus solide. Le principe : rassembler les dettes en un prêt unique, garanti par une hypothèque sur le bien. La garantie réelle change l'analyse du risque pour le prêteur, ce qui rend certains dossiers examinables malgré l'inscription. Les conditions restent nettement moins favorables qu'un financement classique, et l'enjeu est sérieux : vous mettez votre logement en garantie. Cette option n'a de sens que si le budget après regroupement est durablement soutenable, pas seulement le premier mois. Le mécanisme général est détaillé sur notre page regroupement de crédits.
Les organismes spécialisés
Quelques établissements se positionnent sur les dossiers dégradés, y compris avec inscription FICP, généralement via un montage hypothécaire et à des taux sensiblement supérieurs au marché. Ils existent, ils sont régulés, et leur immatriculation est vérifiable. Deux réflexes s'imposent : comparer le TAEG et le coût total, pas seulement la mensualité affichée ; et refuser tout montage qui allonge la durée au point de rendre le coût total disproportionné par rapport à la dette d'origine.
La commission de surendettement
Si les charges dépassent structurellement les ressources, aucun crédit ne résoudra le problème — il le déplacera. Le dépôt d'un dossier de surendettement auprès de la Banque de France est gratuit et peut conduire à un rééchelonnement, à un gel ou une réduction des intérêts, voire à un effacement partiel des dettes. Ce n'est pas un échec : c'est le dispositif que la loi a précisément prévu pour ces situations.
Arnaques au faux crédit : le signal qui ne trompe jamais
Les personnes fichées sont une cible privilégiée d'escroqueries au faux crédit, parce qu'elles ont essuyé des refus et qu'un « oui » a d'autant plus de valeur. Le mécanisme est toujours le même : une offre acceptée très vite, sans examen sérieux, puis une demande d'argent avant le déblocage des fonds — frais de dossier, frais de garantie, « assurance obligatoire », « frais de transfert international », « caution de bonne fin ». Une fois le premier versement obtenu, un second est réclamé, et ainsi de suite.
Une règle suffit à trancher : l'article L519-6 du code monétaire et financier interdit à toute personne qui apporte son concours, à quelque titre que ce soit, à l'obtention ou à l'octroi d'un prêt d'argent, de percevoir une somme représentative de provision, commissions, frais de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise quelconque, avant le versement effectif des fonds prêtés. Le même article interdit aussi de faire signer à l'emprunteur des billets à ordre ou de présenter des lettres de change en recouvrement de ces frais avant la remise des fonds. Sa violation est pénalement sanctionnée.
Autrement dit : toute demande d'argent avant le versement du prêt est illégale, sans exception et sans habillage. Les autres signaux d'alerte les plus fréquents :
- accord annoncé sans aucune pièce justificative ni examen de solvabilité ;
- demande de paiement par virement vers un compte étranger, mandat cash, cartes prépayées ou cryptoactifs ;
- usurpation du nom ou du logo d'un établissement connu, avec une adresse e-mail en domaine gratuit ;
- numéro d'immatriculation ORIAS absent, erroné, ou correspondant à une autre société ;
- pression sur le délai (« offre valable 24 h »), refus de fournir un contrat lisible avant paiement ;
- demande d'envoi de pièce d'identité et de RIB très tôt, hors de tout cadre contractuel.
Les vérifications à faire systématiquement, avant tout échange de document :
- contrôler l'immatriculation de l'intermédiaire sur le registre officiel des intermédiaires (orias.fr) et vérifier que le nom, le SIREN et la catégorie correspondent bien à votre interlocuteur ;
- consulter les listes d'acteurs non autorisés publiées par l'ACPR, accessibles depuis le portail public ABE Info Service ;
- en cas de doute ou de préjudice, signaler les faits aux services de la DGCCRF via le portail SignalConso et déposer plainte ; si des fonds ont été versés, prévenir immédiatement votre banque.
Crédit Plus ne perçoit aucune somme avant le versement des fonds. Nos honoraires, leur mode de calcul et leur plafond sont publiés dans nos mentions légales, et toute contestation relève de notre procédure de réclamation et médiation.