Montant qu'il vous reste à rembourser à un instant T, hors intérêts futurs. Sert de base de calcul pour un remboursement anticipé, une renégociation ou une vente.
Le capital restant dû (CRD) n'est pas la somme des mensualités qu'il vous reste à payer : il ne contient ni les intérêts futurs, ni les cotisations d'assurance à venir. C'est purement la dette en principal. Sa décroissance est très inégale dans le temps : dans un prêt amortissable classique, les premières échéances sont composées majoritairement d'intérêts, et le capital ne s'efface franchement que dans la seconde moitié du prêt. Autrement dit, après quelques années de remboursement, on doit encore presque tout — ce qui surprend souvent lors d'une revente précoce. Le tableau d'amortissement joint à l'offre de prêt donne le CRD échéance par échéance ; la banque peut aussi délivrer un décompte actualisé sur demande, document indispensable avant toute décision.
Le CRD sert de base à plusieurs opérations. En cas de remboursement anticipé, l'indemnité éventuellement due ne peut dépasser la valeur d'un semestre d'intérêts sur le capital remboursé au taux moyen du prêt, sans excéder 3 % du capital restant dû avant le remboursement. Aucune indemnité n'est due lorsque le remboursement résulte de la vente du bien consécutive à un changement du lieu d'activité professionnelle, du décès ou de la cessation forcée de l'activité professionnelle de l'emprunteur ou de son conjoint. À l'inverse, le contrat peut interdire les remboursements partiels égaux ou inférieurs à 10 % du montant initial du prêt, sauf s'il s'agit du solde : c'est une clause à repérer avant de prévoir des versements réguliers. Lors d'une revente, le CRD est soldé chez le notaire sur le prix de vente ; si ce prix ne couvre pas le CRD augmenté des indemnités et des frais de mainlevée, le différentiel reste à votre charge et doit être financé.
Le CRD conditionne enfin les arbitrages d'optimisation. Une renégociation ou un rachat n'a d'intérêt économique que si le capital restant dû est encore substantiel et si l'on se situe dans la première partie de la durée, période où les intérêts sont concentrés ; plus tard, les frais (indemnités, dossier, nouvelle garantie) absorbent le gain attendu. Il est aussi la référence des contrats d'assurance emprunteur assis sur le capital restant dû, dont la cotisation diminue mécaniquement année après année, contrairement aux contrats calculés sur le capital initial. Et c'est sur lui que la banque apprécie sa marge de sécurité au regard de la valeur du bien, notamment lorsqu'on lui demande une trésorerie complémentaire ou la levée d'une garantie.